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Cyrano, l'esthétique dite romantique

Un idéal de la littérature et de l'imagination.

Une analyse signée Ducovil trouvée sur le site Edmond Rostand. Voir lien.


Cyrano est une pièce qui se rattache essentiellement à l'esthétique dite romantique. Rostand est fortement marqué par Hugo, par la préface de Cromwell, par Hernani, etc. Le vers de Rostand dans Cyrano (au moins) est très proche de celui de Hugo. La multiplication des lieux scéniques, des personnages, l'éclatement temporel, le burlesque sont symptomatiques du théâtre romantique du XIXe siècle. Mais si Emile Faguet écrit que Rostand "ouvre le XXe siècle", il fermerait plutôt le XIXe, et le Romantisme à la Hugo...



Cependant il est peut-être un peu inexact de le réduire au seul Romantisme. Certains aspects, notamment les nombreuses et riches problématiques sociales, font penser, peuvent faire penser du moins au Naturalisme qu'incarnait alors Zola, mais traitées bien entendu sur un plan poétique.



Voilà pour ce qui est de l'inspiration. Mais pour ce qui est du "genre théâtral", que dire ? Rostand sous-titre Cyrano : "comédie héroïque"... Dans la nomenclature traditionnelle les personnages nobles et la fin "triste" rattachent à la tragédie. Si Cyrano ne comportait que 4 actes, l'appellation de "tragédie" serait encore plus juste ! D'autre part le quiproquo amoureux qui fonde l'intrigue appelle irrémédiablement le mot de comédie, que viennent renforcer les nombreux moments drôles, burlesques, voire franchement comiques ! Et c'est ce mélange des tons qui impose le terme de "comédie héroïque", puisque sont héroïques autant les personnages que les actes et les pensées...



Quant à ce qu'a voulu faire ressentir Rostand "derrière cette pièce" (je dirai plus volontiers "au travers d'elle" cela dit) il est probablement présomptueux d'avancer autre chose que ce qu'il en dit, en écrit lui-même ?



Cyrano, à part, avec une émotion bourrue



On m'aime, moi ?... Mordious !... Mais il serait hideux

D'allonger ce long nez d'une larme qui glisse.

"Déplaire est mon plaisir ; j'aime qu'on me haïsse !"

Ai-je dit quelque part, - scène huit, acte deux.



Et qu'est-ce qui, d'ailleurs, me fait bien venir d'eux ?

S'ils n'aiment que mon air, sans voir le sacrifice

Devant quoi ma pudeur tire un feu d'artifice

De gaîté fanfaronne et de mots hasardeux ;



Si je ne leur ai plu que parce que je trempe

Le bas de mon manteau dans le bleu de la rampe

Et poignarde la herse avec mes trois plumets,



Que pour ma grande épée et mon verbe fantasque,

Que pour ce qui m'accoutre et pour ce qui me masque,

Je leur dit : "Serviteur !" et je m'éloigne. ? Mais




Se tournant vers des amis inconnus



Si vouloir être moi c'est ne pas craindre d'être

L'ennemi de la Chance et l'ami du Danger

Qui, niant une vie où tout peut s'arranger,

Croit à la vie où rien sans effort ne peut naître,



Celui qui fait monter un autre à la fenêtre

Et qui voulait déjà dans le ciel voyager,

L'idéaliste sans idéal mensonger,

Qui rêve en sachant voir, aime en osant connaître...



Si vous m'avez choisi parce que, jusqu'au bout,

je me maîtrise - et parce que je meurs debout,

Tué par un lourdaud, mais ayant prévu l'Aile...



J'ajoute à ma gazette : "Aujourd'hui vingt-six mai,

Monsieur de Bergerac, à soi-même infidèle,

Trouve très doux de plaire et très bon d'être aimé.






Si tout n'est pas dit dans ce double sonnet, l'on y trouve beaucoup de choses. Et d'abord l'idéal. Un idéal de la littérature et de l'imagination, une supériorité de la poésie, de la musique et de l'imaginaire, une sublimation du sentiment amoureux plus que de l'amour lui-même. Et cetera.



En somme, je dirai (même si c'est un cliché ) que ce que Rostand a voulu faire ressentir, c'est ce qu'il fait ressentir à chacun, c'est ce que chacun ressent...





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Publié le 24 / 04 / 2005.


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