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Rostand : « Cyrano, c'est moi ! »

Quand Christian s'appelait Amédée

Rosemonde Gérard raconte comment est née l'idée d'un Cyrano écrivant les lettres d'amour d'un Christian affligé de goutte à l'imagitative.


C'est près de cette fontaine [la fontaine de Caraouet, lire le poème des Musardises] que, rencontrant un pèlerin passionné, qui venait sans doute se désenvoûter d'un amour malheureux, Edmond Rostand lui fit confesser son amour et son malheur :

« Hélas ! » s'écriait le jeune homme, « j'ai beau parler, j'ai beau plaider, elle ne m'écoute même pas? »

? Mais, que lui dites-vous ? » fit Edmond Rostand qui se trouvait connaître la jeune fille cruelle.

? « Je lui dis que je l'aime !

? Et puis ?

? Je recommence !

? Et enfin ?

? C'est tout?

? Quand elle vous aimera, cela suffira » conclut le poète, « mais maintenant il lui faut autre chose. Je la connais : elle est pédante, précieuse, elle est même snob. Il lui faut des paroles, des phrases, des paradoxes. Avant que, simplifiée par l'amour, elle n'ait besoin que d'un mot, il lui faut beaucoup de mots. »

Et, dès lors, commença cet étrange enseignement. Chaque jour, le jeune amoureux revenait prendre sa leçon près de la fontaine et repartait, comme rechargé par le poète de toute une électricité cérébrale et littéraire. Des documents, des citations, des aperçus, ds profondeurs, des réflexions, des impromptus, des balbutiements, des audaces, tout un bagage éblouissant passait d'un cerveau trop gonflé dans un cerveau trop vide. Et le triomphe fut complet lorsque, quelques temps après, Edmond Rostand rencontrant la jeune fille, entendit celle-ci lui dire ardemment :

« Eh bien, mais vous savez, ce petit Amédée » (il s'appelait Amédée) « que j'avais jugé si quelconque, il est prodigieux : c'est un savant, c'est un penseur, c'est un poète? »

Hélas ! Amédée n'était rien de tout cela ; il n'était qu'un éphémère reflet? mais la première idée de Cyrano était trouvée !?



Edmond Rostand, Rosemonde Gérard, 1935, Paris, Fasquelle Editeurs, pp. 11-12



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Publié le 16 / 05 / 2005.


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