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Sur scènes et sur écrans

1987 - Steve Martin

Une adaptation de Steve Martin avec Daryl Hannah

Steve Martin est donc un acteur comique doué, mais aussi cultivé et avide de qualité. Il était naturel qu'il tombât un jour sur Cyrano


VoilĂ  une comĂ©die romantique Ă©crite et jouĂ©e par Steve Martin, le comĂ©dien au regard mĂ©lancolique et aux cheveux prĂ©maturĂ©ment blancs, capable d'alterner la folie la plus effrĂ©nĂ©e aux scènes les plus Ă©mouvantes. Rappelez-vous-le dans « Le père de la mariĂ©e », « Parenthood », et « All of me ». Steve Martin est donc un acteur comique douĂ©, mais aussi cultivĂ© et avide de qualitĂ©. Il Ă©tait naturel qu'il tombât un jour sur Cyrano, le vrai donc, celui d'Edmond Rostand, et ait eu l'idĂ©e d'offrir au public amĂ©ricain the real thing, et non un Ă©pisode de Guignol populaire parfumĂ© Ă  la Cyrano. Cette histoire a le don de plaire Ă  n'importe quel peuple, quels que soient ses goĂ»ts. Il y a de tout ; il suffit de savoir retirer ce qui ne sera pas apprĂ©ciĂ©, sans en enlever en mĂŞme temps son charme irrĂ©sistible. Pour les Etats-Unis, la règle impĂ©rative, c'est : « Happy-end obligatoire » ! Une histoire oĂą le hĂ©ros meurt Ă  la fin, pour un amĂ©ricain moyen, ça ne vaut vraiment pas le dĂ©placement. Des dĂ©calitres de sang et de larmes peuvent couler, pourvu que ça finisse bien. Seulement, en enlevant la triste fin de Cyrano de Bergerac, on en enlève une grande partie de son essence. Alors, il faut trouver quelque chose d' Ă©quivalent. Mais, mĂŞme sans sa fin Ă©mouvante, et dotĂ©e Ă  la place d'un happy end pas trop ridicule, « Cyrano de Bergerac » peut devenir une comĂ©die romantique des plus charmantes, pourvu que l'adaptation soit faite par un scĂ©nariste capable de comprendre l'essentiel de cette pièce extraordinaire. Un Cyranophile, quoi. Et le hasard veut que monsieur Steve Martin en soit un. La pochette du DVD n'indique que deux noms Ă  la rubrique « scĂ©nario » : Edmond Rostand et Steve Martin. C'est lui qui a tout Ă©crit, sans l'aide de l'habituelle batterie d'Ă©criveurs professionnels ; et Ă  regarder le rĂ©sultat, ça a dĂ» ĂŞtre un sacrĂ© boulot. Pas le moindre dĂ©tail n'a Ă©tĂ© laissĂ© au hasard ou nĂ©gligĂ©. L'adaptation est non seulement mĂ©ticuleuse mais Ă©crite avec un Ă©gal respect pour la pièce originale autant que pour le public Ă  laquelle elle est destinĂ©e, sans mĂ©pris aucun pour l'une ni pour l'autre. Ce qui n'est pas peu dire, Ă  en juger ce que les faiseurs de films amĂ©ricains ont fait des multiples chefs d'?uvre venant de France et d'ailleurs, tels que « Trois hommes et un couffin », « Un Ă©lĂ©phant ça trompe Ă©normĂ©ment », et plus rĂ©cemment de « Shall we dance » (petite perle du cinĂ©ma japonais). Et Dieu sait ce que les AmĂ©ricains ont fait des « Trois mousquetaires », qu'ils ont adaptĂ© pour le cinĂ©ma dĂ©jĂ  plus de deux cent fois, sans jamais avoir rĂ©ussi une seule version qui vaille de la regarder. Alors, un travail donnant un rĂ©sultait aussi positif que cette petite comĂ©die appelĂ©e « Roxanne » (en anglais avec deux n !), c'est vraiment une exception. Steve Martin a choisi pour dĂ©cor une ville très jolie dans les montagnes de la Colombie Britannique, nommĂ©e Nelson. Une ville pittoresque aux maisons Ă  l'architecture nostalgique, entourĂ©e d'un fabuleux panorama montagnard. Cyrano et ses Cadets de Gascogne sont devenus sapeurs-pompiers, Roxanne - la divine Darryl Hannah, la sirène inoubliable de « Splash » - pas seulement belle, mais prĂ©cieuse et savante Ă  souhait, scientifique spĂ©cialisĂ©e dans l'astronomie, excusez du peu... Le Bret , lui, est devenu une bonne fille, propriĂ©taire d'un cafĂ© et confidente de C.B., le capitaine des sapeurs pompiers, l'homme populaire, aimĂ© de toute la ville, admirĂ© pour son esprit et son agilitĂ©. DotĂ© d'un nez extraordinairement grand, mais parfaitement serein Ă  ce sujet, Ă  cet exemple près qu'il n'est pas avisĂ© de le regarder de trop près, si l'on ne veut pas se trouver de l'autre cĂ´tĂ© de la rue, foudroyĂ© plus souvent par une rĂ©plique fulgurante que par un coup de poing. Arrive alors Chris, un bellâtre musclĂ© bien rasĂ© ; Roxanne et lui s'Ă©prennent l'un de l'autre, et la plus cĂ©lèbre machination amoureuse de la littĂ©rature dramatique de l'Occident prend son inĂ©vitable envol, jusqu'au moment oĂą Roxanne rĂ©alise qu' après mille lettres, plus belles les unes que les autres, son amour a changĂ©? que c'est maintenant qu'elle aime vrai, qu'elle aime mieux ! Qu'elle aimerait l'auteur des lettres, mĂŞme laid, dĂ©figurĂ©, ridicule... Chaque dialogue est un mĂ©lange de traductions littĂ©rales et d'alternatives amĂ©ricaines, prouvant tout l'effort que Martin a rĂ©alisĂ© : la tirade sur le nez, la scène au balcon, tout y est, mais avec en plus une foule de blagues, de drĂ´leries verbales et visuelles. Et d'un moment de mĂ©lancolie ça et lĂ , en Ă©vitant cette sentimentalitĂ© amĂ©ricaine super-sucrĂ©e, qui, pour la plupart d'entre-nous, EuropĂ©ens, provoquent des caries dentaires plutĂ´t que des larmes . Comme personne n'a besoin de mourir, Ă  cause de la happy end, nul besoin de guerre. On l'a remplacĂ©e par un incendie tout aussi absurde que le siège d'Arras, quoique moins horrible? Le beau garçon, trouvant cette Roxanne vraiment trop savante et sophistiquĂ©e Ă  son goĂ»t, se sauve avec une autre fille moins exigeante sur le plan intellectuel ; et il est assez amusant de voir comment tout cela aurait pu finir si Roxane avait compris un peu plus tĂ´t que c'est sur les lèvres, lĂ  sous ce fameux nez, qu'elle aurait dĂ» poser les siennes. Tout dans cette adaptation respire le respect et l'amour de Steve Martin pour l'original. Il est des nĂ´tres. Trust me.





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FRANCE


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Ross Cappaert

Ross Cappaert
Auteur de bandes dessinées


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Publié le 25 / 04 / 2008.


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