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Coquelin, le 1er Cyrano

Les Non merci !

La lettre suivante accompagnait l'envoi d'une des tirades les plus célèbres, la tirade des « Non, merci ! » où Rostand avait mis tant de souvenirs personnels. Elle témoigne aussi du talent scénique de Rostand : tous ses contemporains s'accordent à reconnaître en lui un admirable diseur, et Coquelin lui-même déclara plus tard : « Il aurait pu jouer le rôle mieux que personne. » Cette lettre est citée et reproduite pour la première fois dans le numéro 56 (juin 1955) des Annales, revue mensuelle des Lettres Françaises, article « Cyrano de Bergerac », par Dussane.


Mon cher Coquelin,

Il est certain que vous devez rager. Mais il serait fou pour un ou deux jours de différence de vous envoyer des morceaux qui ne vous satisferaient pas. Voici les non, merci, et ils sont à point. C'est un vrai morceau à apprendre. Je l'ai dit mille fois, en y changeant un mot à chaque fois. Tout y est. Vous verrez mieux que moi ce que l'on peut en faire, et que de Non, merci depuis celui qu'on dit en deux fois, Non !... merci ! ? jusqu'à celui qui va d'un trait. Depuis le Non merci comique et léger jusqu'à celui qui s'indigne. Il y a le non merci qui semble refuser un plat qu'on vous passe, simplement, et celui qui repousse les présents d'Artacarcès ! Je pense qu'il faut commencer tout doucement de sorte qu'on croie le premier non merci tout seul et qu'on s'étonne d'en voir arriver un second. Puis à partir du moment où ils se resserrent, Chez le bon éditeur de Sercy , etc, , presser, presser, et que cela deviennent une pluie, - jusqu'à 3 derniers dits d'un trait pour détacher sur un brusque changement de voix le : Mais chanter !.. . Et à partir de là, un lyrisme tout différent, un chant jusqu'à la fin, - et avec un reprise de bravoure sur le dernier vers et le : Tout seul ! .. Mais tout cela , c'était inutile de vous l'écrire. Vous verrez tout. Nous nous entendons si bien. Et les gestes moqueurs que peuvent donner :



D'une main flatter la chèvre

Cependant que de l'autre on arrose... etc.



Et j'y pense encore, le non merci de dégoût sur les soupirs de vieilles dames, etc.

J'attends avec impatience de vous entendre.

Cent fois il faut l'avoir dans la bouche pour aller, par moment, vertigineusement vite.

Avant que vous n'ayez pu savoir cette torture, vous aurez la suite.

A vous

E.R.



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Publié le 14 / 04 / 2005.


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