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Sur scènes et sur écrans

2013 - Stéphane Dauch

Mis en scène par Jean-Philippe Daguerre

« Cyrano de Bergerac » est au théâtre français ce que « Ne me quitte pas » est à la chanson franco-belge : un tube. Les magnifiques vers de l'homme au grand nez ne cessent et ne cesseront jamais de résonner dans les théâtres, cinémas et autres écrans de télévision


Il est vrai que Cyrano est pour un comédien et un metteur en scène ce que l’Everest est pour un alpiniste : un cap, un pic, un passage obligé, un rêve nécessaire à rêver dans sa carrière…


Après avoir participé de nombreuses fois avec « Le Grenier de Babouchka » au festival d’Arnaga (Maison-Musée d’Edmond Rostand à Cambo les bains), j’ai soumis au directeur de ces prestigieuses festivités mon désir de mettre en scène mon « Cyrano » dans les jardins de Rostand. Ayant répondu favorablement à ma requête, Didier Rey me confia aussi (avec l’autorisation et la collaboration de la direction du Musée) des partitions de musiques et de chants inédites retrouvées dans les sous-sols d’Arnaga, dont certaines écrites pour « Cyrano de Bergerac » par Rostand et son épouse et mises en musique par de solides compositeurs du moment (L. Poujade, C.Chaminade,…) Suite à l’immense plaisir que j’ai pris en créant au Théâtre Comédia à Paris une adaptation de « La Flûte enchantée » qui mêlait théâtre, chant lyrique, musique classique, danse contemporaine et combats, je rêvais de retrouver une oœuvre littéraire permettant une mise en jeu de ces différentes formes artistiques. La présence de toutes ces opportunités m’a conforté dans l’idée d’une création éminemment sonore et musicale où le violoniste virtuose Petr Ruzicka se mêlera sur scène aux vers et aux chants des comédiens.

 

Je ressens à la fois de la fascination et de la méfiance envers les Alexandrins et autres vers qui peuplent la littérature française. Comme en musique où les différentes formes se distinguent, les vers de Racine ne ressemblent en rien à ceux de Molière, Corneille ou…Rostand. Les qualités dramaturgiques et comiques de « Cyrano » sont si évidentes que je trouve dommage que trop souvent les interprétations de cette oeuvre se contentent surtout de nous montrer combien l’auteur est brillant et intelligent… « Regardez comme c’est bien écrit ! ». C’est vrai que « Cyrano de Bergerac » est un chef d’œuvre de sens mais c’est aussi un chef d’œuvre de son.

 

C’est avant tout sur la mise en son de l’écriture de l’auteur par l’acteur que j’aime me concentrer afin de provoquer chez le spectateur une émotion à la fois intellectuelle et charnelle… faire vibrer la tête et le ventre… Alors vous me direz que si la chair des mots de Cyrano peut résonner superbement, pourquoi vouloir lui ajouter des notes de musique et du chant ?... Ne risque-t-on pas une forme de trop plein, voire de pléonasme ?…

 

Il n’est certes pas sans danger de se permettre d’ajouter à ce qui existe déjà de façon institutionnelle et magnifique une partition musicale inédite… mais c’est quand même excitant … surtout quand on sait que c’est Rostand lui-même qui a imaginé le concept. Concernant la place du violon et du violoniste dans le spectacle, je souhaiterais ne pas illustrer de façon trop académique et convenue la présence de l’instrumentiste sur scène.

 

J’aimerais que Cyrano et le violoniste ne fasse qu’un… Ce dernier apparaissant souvent tel une ombre au grand nez…ce serait l’âme de Cyrano, son double…l’archer de l’un serait comme l’épée de l’autre… d’autant plus qu’ il y a dans l’énergie de jeu de Stéphane Dauch et celle de Petr Ruzicka une telle similitude, une sorte de communion (vérifiée précédemment dans « La Flûte Enchantée » ou Petr accompagnait diaboliquement sur scène les airs de Papagueno interprété avec panache par Stéphane).

 

Dans notre société contemporaine un homme comme Cyrano ferait sans doute appel à la chirurgie esthétique pour régler son complexe physique. C’est pourquoi j’aimerais proposer aux spectateurs de notre siècle une blessure plus « moderne » et plus réaliste tout en faisant écho au « Grand nez » original de Rostand sans le trahir. Je veux faire de mon Cyrano une Gueule cassée ; que sous un masque de cuir on puisse imaginer un grand

nez hypertrophié par une blessure de guerre ou une grande brûlure. Le grand nez de Cyrano est chez Rostand une métaphore de la laideur, vécue comme impossibilité à plaire, comme obstacle réel ou imaginaire à la séduction. La gueule cassée de notre Cyrano est une blessure physique, métaphore de la blessure morale dont il souffre sans remède. Enfin, j’ai souhaité les premières représentations dans les jardins d’Arnaga : il me semblait tout naturel et primordial de laisser baigner et inspirer ma mise en scène par ces lieux somptueux et simples à la fois en forme d’hommage à cette réalisation et à la passion qui habitait Rostand quand il conçut la villa de ses rêves.

 

Pensé pour le plein air et pouvant ultérieurement être donné indifféremment en extérieur ou en salle, le spectacle bénéficiera de décors et de moyens techniques très légers, ce qui ne sera pas le cas des costumes que je souhaite et j’imagine somptueux.

 

Le théâtre, à mon goût, est cette relation mystérieuse et triangulaire qui relie l’acteur à son camarade de scène qu’il connaît par c ur, et au spectateur qu’il ne connaît pas. C’est donc avec émotion et joie que les comédiens du Grenier de Babouchka s’apprêtent à partager la scène avec le génial violoniste Petr Ruzicka pour faire découvrir aux spectateurs une version éminemment sonore des vers de Rostand. Rêver un impossible rêve sous les étoiles d’Arnaga.

 

Jean-Philippe Daguerre

 

L’équipe artistique

 

Violon et arrangements musicaux : Petr Ruzicka

 

Comédiens :

Charlotte Matzneff

Didier Lafaye

Edouard Rouland

Emilien Fabrizio

Mona Thanaël

Nicolas le Guyadern

Stéphane Dauch

Simon Coutret

Simon Gleizes

Yves Roux

 

Metteur en scène : Jean Philippe Daguerre

Création Costumes : Corinne Rossi

Scénographie et décors : Vanessa Rey

Création lumière : Frédéric Bures

 

Contact :

Le Grenier de Babouchka,

5 rue de Visien,

92400 Courbevoie

TĂ©l. : 01.47.88.99.17

www.legrenier.asso.fr




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Publié le 07 / 08 / 2013.


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